par Axelle Jah Njiké
D.R

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Biographie

Autrice afropéenne, et militante féministe Païenne (appellation auquel elle tient beaucoup !), Axelle Jah Njiké a créé en mai 2018 le podcast afrocentré Me My Sexe and I®, le premier podcast de conversation francophone racontant au prisme de l'intime des vécus de femmes noires.


Auparavant en 2015, suite à la publication de son premier texte de fiction, intitulé « Païenne », dans le recueil de nouvelles érotiques, « Volcaniques, une anthologie du plaisir » sous la direction de Léonora Miano, elle a crée parlons plaisir féminin (.com), un site dédié à la littérature érotique féminine.

Administratrice au sein du GAMS (Groupe pour l'Abolition des Mutilations Sexuelles Féminines et des mariages forcés), et Ambassadrice française du documentaire militant sur le plaisir féminin, #FemalePleasure de la réalisatrice suisse Barbara Miller, elle est l'une des initiatrice en compagnie de Julia Pietri, Ouarda Sadoudi & Bouchera Azzouz (des Ateliers du féminisme populaire), de la campagne féministe de street art " It's not a bretzel". Une campagne d'éducation populaire à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes du 8 Mars 2019, pour démocratiser la véritable anatomie du clitoris, et faire entrer sa représentation complète dans les manuels scolaires de SVT.

En Novembre 2020, son nouveau podcast, La fille sur le canapé® produit par le Studio Nouvelles Écoutes, a été mis en ligne. Portant sur les violences sexuelles intrafamiliales sur les enfants, dans l'enfance ou la jeunesse, au sein des communautés noires, il s'agit du premier podcast jamais réalisé sur le sujet par une personne elle-même concernée par ces violences.


Depuis le 7 juin 2021, sa troisième oeuvre sonore, Je suis noire et je n'aime pas Beyoncé® , sur les féminismes noirs francophones et la transmission pour l'émission La Série Documentaire LSD, est disponible sur le site de France Culture.


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À l'origine
du pseudonyme

“I am mine.

before i am ever anyone else’s”

― Nayyirah waheed

Mon entrée dans la sexualité s’est faite par le viol. C’est l’acte qui m’a inscrit dans mon sexe. Dans mon corps. Dans l’intime. Et à la genèse de mon intérêt pour les questions féministes, il y a le saccage de mon intimité lorsque j’avais tout juste 11 ans.

La première fois que j’ai parlé de mon agression, j’avais 19 ans et c’est à l’homme que je m’apprêtais à épouser, qui allait devenir le père de ma fille, que je me suis confiée. Cet été, et seulement pour la troisième fois de façon publique, je l’ai évoqué devant les femmes afro-descendantes issues des diasporas, réunies dans le cadre du premier anniversaire du réseau Dear Mama, dédié à la maternité et à la féminité. Je leur expliquais la raison d’être de mon pseudo, Me My Sexe and I®, sur les réseaux sociaux. Et pourquoi celui-ci contenait dans son intitulé le terme sexe. L’importance que celui-ci revêtait dans mon travail. Et dans ma vie.

C’est assez triste à dire, mais avant le ravage de mon intimité, je n’avais aucune conscience de mon corps. Et encore moins de mon sexe. Même si j’étais précocement réglée et dotée d’attributs extérieurs de féminité visibles (j’affichais à 11 ans, un 95B de poitrine et une morphologie qui pouvait laisser à croire que j’étais bien plus âgée), mon anatomie m’était étrangère, comme à beaucoup de petites filles. Qui plus est, éduquée par deux hommes ; les fils issus du premier lit de ma mère, africains de surcroît, je grandissais dans un environnement peu commun, et la présence féminine y était sporadique, au gré des liaisons de ces derniers. Je n’avais pas de référente féminine adulte, à qui me confier, qui aurait pu m’informer et me permettre de m’approprier ces transformations.
A 11 ans lorsque je fus violée sur le canapé du salon, la télé allumée et la main de mon violeur pressée sur ma bouche, je ne savais donc rien des choses du sexe. J’ignorais que mon physique pouvait déclencher ça. Figurer une invitation pour un homme à s’emparer de mon intimité.

Mon agresseur était jeune, il avait tout au plus 25 ans. Je le connaissais bien. Je l’aimais même beaucoup. Le considérant comme un grand frère, bienveillant, un ami auquel je pouvais me confier et qui me semblait-il, ne me prenait pas pour une gamine. Ce jeune homme était l’un des frères de celle qui était alors la « régulière » de celui devenu depuis peu mon tuteur légal – le fils cadet de ma mère, dont j’allais grandir sous le toit, avant de m’enfuir à 17 ans pour ne pas mourir. Mais ça, c’est une autre histoire…

J’ai conservé peu de souvenirs de l’acte lui-même. Je me souviens que la minute d’avant, nous chahutions sur le canapé comme nous l’avions déjà fait plusieurs fois auparavant, et qu’en une fraction de seconde, je me suis soudain retrouvée sous lui. Je me souviens de la poussée brutale de ses hanches entre mes jambes. Du poids de son corps sur le mien. De son odeur. Ou plutôt de celle de sa sueur. Et de ses ahanements dans mon oreille. Du sentiment d’impuissance que je ressentais et d’un détail, qui reste aujourd’hui encore le résidu prégnant de ce moment. Ce détail- séquelle de cet instant, fait que je ne supporte toujours pas, 36 ans plus tard, qu’on bloque mes poignets, au-dessus de ma tête. C’est ce qu’il me fit, pour achever sa besogne et trois décennies plus tard, je ne permets toujours à aucun de mes amants de m’immobiliser de la sorte, jeux amoureux ou pas. Je ne permets de toutes façons pas, en règle générale, qu’on se saisisse de mes poignets.

Je me suis retrouvée seule avec cet homme-là, ce soir-là, dans cet appartement et sur canapé, parce que sa sœur et celui qui était alors mon tuteur étaient de sortie, et qu’il s’était proposé pour me garder. J’imagine que l’occasion lui avait paru trop belle. J’ai aujourd’hui encore, l’intime conviction qu’il avait prémédité cet assaut, et pire encore, que je n’étais probablement pas la première jeune fille dont il gagnait ainsi la confiance pour en abuser ensuite. J’en ai même la certitude.

Quand tout fut fini et que mon « frère » rentra en compagnie de sa compagne, rien ne fut dit. Même si mon violeur et moi-même étions assis chacun, en bout de canapé, et que je serrais de ma main gauche ma jupe comme si ma vie en dépendait, et de la droite le coin du canapé à m’en blanchir les jointures, aucun des deux adultes qui venaient de rentrer ne me demanda s’il s’était passé quelque chose. De toutes façons, même si je l’avais voulu, je n’aurais pas su quoi dire. Je n’étais pas munie des mots pour décrire ce qui m’avait été fait. Je ne savais pas le qualifier. Mon vocabulaire ne comportait pas le terme viol. Je ne l’avais jamais entendu dans mon environnement, et mes lectures d’alors ne comportait pas de terme de ce genre. Mon « frère » s’adressa juste à moi en me disant d’aller dans ma chambre, celle que j’occupais dans le deux-pièces où nous logions. Et rien de plus. Et dans la chambre, je refermais la porte derrière moi, j’enlevais ma culotte souillée de sperme, et la jetait par la fenêtre, dans la rue. Sans hésitation et sans pleurer.






J’ignorais alors que la rage que je mis dans mon geste me venait de très loin. Que le viol était la manière la plus banale de devenir femme, dans ma famille. Je découvrirai seulement des années plus tard, en rassemblant les éléments de mon histoire personnelle, que les femmes dans ma famille, pour la plupart mariées contre leur gré – à commencer par ma propre mère, s’étaient toutes ainsi vues dérober leur intimité corporelle. Aucune d’entre elles- moi y compris, n’avait jamais choisi son premier partenaire sexuel. Et ce que j’avais vécu, était en fait une expérience ancestrale et partagée par nous toutes. C’était de la sorte que, par « chez moi », les filles « devenaient » femmes, et qu’elles faisaient leur entrée dans la sexualité. Seulement, lorsque je jette ma culotte ce soir-là, j’ignore tout de cette reproduction. Même si quelque chose en moi, le sait. Et se révolte.

Le lendemain, c’est à la bibliothèque que je vais me rendre pour essayer de trouver dans les livres, une explication de ce qu’on m’a fait. Je suis une petite fille qui trouve refuge dans la lecture depuis mon arrivée en France, quelques années plus tôt. Et il me paraît évident, que quelque part, parmi tous ceux de la bibliothèque en bas de chez moi, il y en a bien un qui doit raconter, expliquer, décortiquer ce qui m’est arrivé. Je vais aussi subtiliser à la librairie de la Presse rue de Rocroy, des ouvrages qui ne sont pas disponibles à la bibliothèque et planquer sous mon matelas ces titres, toujours dans la même optique ; comprendre ce qu’on m’a fait et disposer du vocabulaire pour en parler, même si je n’en parle à personne.

C’est en lisant « Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage » de Maya Angelou que je vais pour la toute première fois avoir la conviction qu’il m’a été fait quelque chose de mal. De brutal. De sale. Qui aurait mérité une autre réaction de mon entourage. En effet, si mon agresseur n’est jamais reparu dans notre maison, et son nom n’a plus jamais été mentionné sous notre toit, personne n’a jamais cherché à savoir ce qui s’était passé. Personne ne s’en est excusé.
Est-ce que mon « frère » s’est mis à me battre, après cet incident, parce qu’il s’est senti impuissant à me protéger ? Je n’en sais rien. Toujours est-il qu’au lieu du réconfort, du soutien, de l’accompagnement requis, c’est la brutalité physique et verbale – celle de la ceinture, parfois des poings, le dénigrement et les injures, qui vont devenir mon quotidien. Comme si je devais être punie, dressée, mâtée, vissée pour ce qui s’était produit. Jusqu’à ce qu’à 17 ans, je prenne la poudre d’escampette pour pour sauver ma peau.

Entretemps, je vais m’atteler à définir et revendiquer mon propre corps. L’agression qui m’a brutalement fait prendre conscience de celui-ci -alors qu’il m’était jusqu’alors étranger, et par la même doté d’un nouveau ressenti, couplé à cette quête dans les livres des mots pour le dire, vont signer le début de mon épopée intime. Profondément et durablement modifié mon rapport au monde.
Une fois identifié le viol, l’agression et son corollaire de violences, et compris que ce qui m’a été fait été injuste – mais plus encore que la réaction de mon entourage n’était pas appropriée, je vais éprouver le besoin de me forger un autre imaginaire, sur le sexe notamment, à la faveur des passages érotiques, sensuels, pornographiques glanés dans des ouvrages qui ne sont pas de mon âge. Ces lectures vont me permettre de refuser de rester pour toujours étrangère à moi-même. De reprendre possession de ma chair. Réécrire le vécu et les émotions engrangées par mon corps. Réaffirmer la tutelle de mon être. De mon désir. D’abord dans ma tête. Puis à la vingtaine passée, dans mon corps.

En effet, c’est avec la masturbation que je vais tardivement, pour la toute première fois avoir le sentiment de recouvrer toute ma personne. Le viol m’avait désancrée, avait déplacé mon centre de gravité. La masturbation va me permettre de me replacer au centre de mon être. Prendre conscience de mes ressources en devenant l’actrice de mon propre plaisir, artisane de ma volupté. Elle va être ma manière de renouer avec un moi qui n’avait pas eu le temps d’émerger suite à l’agression, de me reconnecter à une intensité sexuelle et sensuelle dont je suis seule dépositaire. Et c’est dans cette reconquête de mon corps qui m’avait été ravi par l’agression, dans la souffrance, la beauté, et la force de mon sexe que je vais me réapproprier mon féminin. Aimer être femme.
Aujourd’hui encore, c’est à l’aune de cet apprivoisement, de la conscience de mon droit à disposer de mon sexe à ma guise, à définir et en revendiquer la jouissance, la joie, et le sacré, penser le plaisir pour moi, que s’articulent mes ressentis, mon féminisme, mon travail et mes engagements.

De cette relation entretenue au sens propre avec mon sexe – et le fait que j’ai refusé d’en être exclue et sois parvenue à bricoler avec trois bouts de ficelle sa réappropriation, découle le fait que mon intime soit féministe, et mon féminisme reste intime car il est avant tout, une conversation avec moi-même. Inscrit dans la chair et le ressenti. L’intime et le personnel. Quintessence de ce qui me fut fait (et fut fait avant moi, aux femmes de ma famille), et de ce que je suis parvenue à conquérir par moi-même.

Me My Sexe and I®, raconte donc l’histoire de cette relation tissée entre moi et mon sexe et la façon dont j’ai choisi d’incarner mon féminin. L’importance qu’il revêt. Ce pseudonyme qui interpelle souvent, parle aussi de façon figurée, de mon appartenance à la famille des femmes, et du sort qui nous est fait (in) justement au nom de ce même sexe. Au sens propre, et figuré.

C’est aussi le lieu d’où je revendique le droit des femmes et de leurs filles à une sexualité libre, non coercitive et solaire, persuadée qu’aucune femme, aucune fille ne devrait jamais avoir à considérer son sexe, être de ce sexe, comme une source de douleur et de honte. Et l’espace d’où j’aspire à un monde meilleur ; où les sexes des femmes n’appartiendraient ni aux hommes, ni à leurs religions, ni à leurs coutumes, mais à soi-même. Abrité dans un corps ni impur ni sale, mais véhiculant le divin, le sacré, le beau, la joie- celle d’être femme et de s’appartenir. D’être incarnée, et puissante. Avec la conviction chevillée au corps que, plus nous serons nombreuses individuellement à investir au sens propre notre sexe, à l’honorer, le chérir, le célébrer, être heureuse d’être et d’émaner de lui (et apprendrons à nos filles à en faire de même), plus au sens figuré, il sera respecté et estimé, universellement.














Tout commence par soi et finit par soi
















« Le succès c’est vous aimer vous-même,

aimer ce que vous faites

et aimer comment vous le faites. »

Maya Angelou


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par Axelle Jah Njiké
— Pourquoi créer un site sur le plaisir féminin?
J'ai décidé de créer un site sur le plaisir féminin parce que la sexualité fait partie de ma vie. L’érotisme a toujours figuré à mes yeux, une base primordiale de la connaissance de soi, et incessamment fait l’objet d’une réflexion de ma part.
La vocation du site est d’accompagner ses lectrices, en alimentant leur imagination, leur réflexion, leur sensorialité, dans une vie de féminité assumée, épanouie et de quête d’une connaissance absolue d’elles-mêmes.
Lectrice assidue depuis l’enfance, j’ai découvert à l’adolescence (merci les bibliothèques publiques! Merci les rayons de la Fnac!), la littérature érotique, et ait développé un véritable intérêt pour le genre qui s’est traduit par une prédilection pour les récits érotiques rédigés par des femmes ( Merci Anaïs !). La liberté sensuelle dont les récits faisaient montre m’a durablement marqué, et donné envie de répertorier les écrits érotiques féminins (mais pas seulement érotiques...), pouvant contribuer à rendre les femmes encore plus libres, puissantes, nécessaires, épanouies et inspirantes.

POURQUOI LA LITTERATURE EROTIQUE FEMININE?
Parce qu’il s’agit d’un genre littéraire qui parle comme nul autre de la liberté des femmes. Qui encourage ses lectrices à trouver leur voie en elles-mêmes. Permettant à chacune de prendre la mesure de son potentiel. Je voulais parler du plaisir des femmes – et pas seulement de leur sexualité, et donner à lire, à découvrir, à prendre la mesure de la variété, la force, l’intensité, la crudité, et la beauté, de la production existante. Considérée comme un genre mineur (à tort !), la littérature érotique féminine témoigne de la liberté individuelle des femmes, et de leurs avancées sur les interdits, les carcans idéologiques, religieux dont elles font encore les frais, à travers le monde. La jouissance y figure en belle place, et la promouvoir c’est non seulement reconnaître l’utilité de son propos, mais conférer son droit de cité au plaisir féminin.

QUELLE EST LA VOCATION DU SITE?
La vocation du site est d’accompagner ses lectrices, en alimentant leur imagination, leur réflexion, leur sensorialité, dans une vie de féminité assumée, épanouie et de quête d’une connaissance absolue d’elles-mêmes. Leur permettre de comprendre qu’une sexualité libre, c'est une sexualité que l'on peut penser, comme sujet à part entière, afin d'inventer ses propres références, sa propre éthique, en s'appropriant les espaces interdits, et les émotions refoulées.

Savoir lire, écrire, et pouvoir choisir son sort, sont considérés comme des droits fondamentaux pour les jeunes filles, et pour les femmes. Faire comprendre que la jouissance, l’est tout autant dans l’évolution de son rapport au monde et à soi, est l’autre vocation de ce site.

La sexualité est l’un des bastions de la liberté individuelle. Surtout lorsqu’il est question de celle des femmes. Faire de chacune une femme en plein pouvoir de SA sexualité, qui rayonne, et s’avère capable de prétendre à l’expression de ses désirs, et au droit d’en jouir – même si ce n’est, d’abord, que dans sa tête – est une des missions du site.

il existe autant de sexualités qu’il y a d’individus, de visages, de vécus. Autant de formes de la jouissance incarnée, que d'autrices et de femmes, sujets de leur sexualité et de leur plaisir. Ayant à nous proposer une autre vision du sexe et de l’amour, afin de susciter des conversations sur l’intime pouvant faire changer la société dans son ensemble, et faire évoluer tout le monde, hommes comme femmes, dans le bon sens.

(EN QUOI ) VOTRE DEMARCHE EST-ELLE FEMINISTE ?
Parce que l’amélioration de la condition et du statut des femmes passe encore aujourd’hui par leur liberté sexuelle, le droit à disposer librement de leur corps et leur accès au plaisir. CHOISIR de parler du plaisir féminin- et pas seulement de la sexualité féminine, c’est aller à l’encontre de la censure qui est à l’œuvre dans beaucoup (trop) de pays, et de cultures, sur le sujet. C’est gratifier des millions de femmes dans le monde, d’autre chose que leur poids de marchandise, et de maternité et rappeler combien la revendication d’un DROIT au désir, à la jouissance et au plaisir sexuel pour chacune, est fondamental quand 200 millions de femmes sont excisées ou infibulées à travers le monde, et 30 millions de fillettes risquent d'être victimes de la pratique dans les dix prochaines années.




PARLONS PLAISIR FEMININ
Florilège de titres.
La mariée mise à nu
Nikki Gemmell.
Personne n’est totalement honnête en matière de sexe et d’amour. Une femme disparaît, laissant un journal intime qui relate son mariage au quotidien. Pour tous ceux qui la connaissaient, elle incarnait l’épouse parfaite, heureuse et épanouie ; mais son journal révèle fantasmes et frustrations…
Un roman d’une vérité troublante sur le couple et le désir féminin.

Disponible en édition poche.

Volcaniques, une anthologie du plaisir Collectif.
Douze femmes, auteures du monde noir, évoquent le plaisir féminin. Comment s'écrivent aujourd'hui le corps, la sensualité, la sexualité? Volcaniques: une anthologie du plaisir* est un ensemble riche. Les nouvelles dévoilent des figures féminines et des environnements variés. Les âges des femmes y sont également divers, ce qui est heureux. Certains textes ébranleront par leur puissance poétique et/ou érotique. d'autres séduiront par le ton, le phrasé, l'humour ou par une capacité analytique qui a su ne pas prendre l'ascendant sur la narration.
Bien des femmes se reconnaîtront dans ces pages, d'où qu'elles soient.
Quant aux hommes, ils trouveront peut-être la clé du grand mystère que semble être, pour certains, le plaisir féminin.

Éditions Mémoire d'Encrier, 2015.

La femme de papier, Françoise Rey.
Renvoyée à sa plume après une fulgurante et torride liaison, une femme écrit à son amant.
« Le cœur tendre, le ventre désœuvré », elle effeuille l’album de leurs souvenirs, de leurs folies. Avec les vrais mots de l’impudeur, elle invite le lecteur éberlué à la suivre dans un voyage mouvementé au bout de la sensualité…
De son compagnon, nous ne connaîtrons que deux couleurs : le jaune de ses yeux et le vert de son pull… Mais nous découvrirons vite ses caprices et ses fantasmes auxquels elle se soumet, tout en laissant parler son propre corps.
Jamais une femme n’est allée aussi loin dans l’évocation de sa vie érotique. Cela donne un roman libertin, une histoire de corps qui viendra mourir dans les profondeurs du cœur !

Disponible en édition poche.

Emmanuelle, Emmanuelle Arsan.
Emmanuelle, jeune épouse de 19 ans, part rejoindre son mari à Bangkok après six mois de séparation. Dans l’avion, elle vit une première expérience sexuelle inaugurale. L’une de ses amies du petit milieu bourgeois de Bangkok lui présente alors un bel italien, Mario. Celui-ci, pressentant une élève «douée», s’instituera son «professeur de jouissances» sans jamais la posséder lui-même.

"Pour la première fois dans l'histoire de la littérature, dans la société particulièrement rigide des années 1950, Emmanuelle propose une conception révolutionnaire de l'érotisme. Le roman met sur le devant de la scène une femme libre de toute croyance et de toute religion, libérée de tout sens moral. Une femme au service de ses émotions, de son corps et de son intelligence. Une femme qui, en repoussant les limites de sa propre féminité, invente une nouvelle façon, pour les deux sexes, de vivre la sexualité."-Juliette Joste, éditrice chez Belfond.

Disponible en édition poche.

Désirs voilés,
Lounja Charif.
Comment passer du ryad étouffant aux alcôves parisiennes, de l’esclavage patriarcal à l’affranchissement sexuel, du Coran à l’Histoire d’O, du voile à la guêpière ? Lounja, la Maghrébine, comprend très vite que pour conquérir sa liberté et le droit au plaisir, elle doit se comporter comme la femme fatale, la séductrice dont l’image rêvée sommeille au cœur de tout homme.
Avec une désarmante impudeur et une crudité sans tabous, Lounja décrit les étapes de cette métamorphose vertigineuse qui confirme combien le sexe est libérateur, magique et joyeux.

Disponible en version poche.

Le boucher,
Alina Reyes.
Dans la boutique, derrière l’étal, le boucher lui susurre à l’oreille un désir brûlant, réveille son corps endormi, avance ses mains rugueuses et son haleine haletante entre ses jambes ouvertes. Elle se laisse enivrer par la chaleur des chairs, la nudité d’une jouissance débridée et folle, jusqu’à l’oubli de soi.

« Qu’elle écrive une fiction érotique, une fable sur la chute de Babylone ou un pamphlet déguisé en roman, Alina Reyes se moque de ce que pense les autres. » Lire

Disponible en édition poche



Ma reddition,
Toni Bentley.
Dans ce récit autobiographique fort troublant, Toni Bentley, ancienne danseuse étoile, nous conte les joies du " holy fuck ", la sodomie qui enseigne l'absolu abandon.
Au-delà de son aspect profondément érotique, cette longue offrande, cette confession d'une incroyable liberté épouse la forme d'une somptueuse lettre d'amour et de gratitude, adressée à A-man, l'homme par excellence qui, 298 fois en deux ans, révéla l'extase mystique à l'auteure. En la pénétrant " religieusement ", A-man lui procure une jouissance qui la vide de son moi, expérience qui la mène, au cours de rituels soigneusement orchestrés, aux confins du plaisir absolu.


Disponible en édition poche.

L'orage,
Régine Deforges.
En héritant d'une tante qu'il n'avait pas revue, un jeune homme découvre le journal intime de Marie : femme sensuelle, volcanique et follement éprise de l'homme qu'elle vient de perdre et dont elle refuse la mort. Elle y décrit avec minutie son attachement au défunt et ses folies érotiques qu'elle croit ordonnées par lui. Elle se donne ainsi, dans la plus grande impudeur, à Lulu, l'idiot du village chargé de l'entretien du cimetière.

Dans ce roman violent d'une grande sensualité, dans l'ambiance lourde d'un soir d'orage, Régine Deforges donne toute sa mesure et son talent pour décrire une folle passion amoureuse. Un texte qui a connu un grand succès en France et à l'étranger.

Ouvrage disponible en édition poche.

La première gorgée
de sperme,
Fellacia Dessert.
« Ça commence par un regard. Ou un effleurement. Une poignée de main ou un baiser sur la joue qui eussent dû être ordinaires, mais où le corps se liquéfia.
Soudain flotte dans l'air une fabuleuse odeur de tempête hormonale. Dans l'étourdissement du premier désir, on ne s'en rend pas toujours compte. Mais il est trop tard, bien trop tard : on a mouillé sa culotte. C'est une sensation de feu plutôt qui vous étreint d'abord. Mais flamme ou coulée, le résultat sera le même. L'animal en vous qui est sorti du bois, détrempant votre culotte, ne vous laissera plus en paix, sans cesse miaulant sa complainte muette, son obsédante exigence : cette chair qui m'a troublée, il me la faut ! Bien sûr on pourra essayer de l'oublier. Mais on sait ce qu'il en sera. »

Ouvrage disponible en édition poche .

En toutes lettres, Françoise Rey & Remo Forlani.
Cherchant à renouer avec la grande tradition du roman épistolaire et avec celle du jeu littéraire, un éditeur demande à deux auteurs qui ne se connaissent pas d'entamer une correspondance érotique sans jamais révéler l'un à l'autre leur identité. Ils s'écrivent sans se connaître, se découvrent fous d'amour, se rendent malades de jalousie, se fuient. Ils ne s'épargnent aucun détail de leurs jeux érotiques, se provoquent, se déchirent par fantasmes interposés...


Ouvrage disponible en édition poche.

7 nuits,
Alina Reyes.
Je l'ai appelé par son nom, il s'est avancé, a entièrement ouvert le lit, m'a demandé de m'y coucher. J'ai essayé de l'entraîner avec moi sur le drap, mais il ne m'a pas laissée le toucher. "Demain, a-t-il dit. La première nuit, il ne faut pas se toucher..."
Une femme et un homme passent ensemble sept nuits d'amour, durant lesquelles ils multiplient les jeux sexuels pour mieux attiser leur désir. La première nuit, c'est uniquement par le regard qu'ils doivent s'aimer. Les nuits suivantes, dans une savante orchestration, le désir est mené à son paroxysme, jusqu'aux limites de la jouissance. Puis vient la septième nuit, ultime pirouette pour qu'exulte, encore et toujours, le désir.
Alina Reyes est l'un des plus importants auteurs contemporains de littérature érotique. Écrit avec élégance, ce roman célèbre les joyeuses inventions de l'amour.


Ouvrage disponible en édition poche.

Vénus érotica,
Anaïs Nin.
Lyrisme et perversion dans ces nouvelles plus pornographiques qu'érotiques. En 1940, traversant de graves problèmes financiers, Anaïs Nin se lance dans l'écriture de nouvelles érotiques à l'instigation d'un collectionneur mystérieux. Un dollar la page. « Vénus Erotica » sera suivi des « Petits oiseaux ». Débordements de plaisir et d'érotisme extrême font de la sexualité un art à la fois tendre et décomplexant.



Ouvrage disponible en édition poche.

par Axelle Jah Njiké

I love talking about podcasts with you.


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Deux vendredis par mois, Me My Sexe and I® c'est le podcast qui fait entendre au coeur de l'intime, les expériences personnelles de femmes noires.
Crée, produit et animé par Axelle Jah Njiké.

À propos de
Me My Sexe and I® -Le podcast.
Me My Sexe and I® est un podcast sur le pluralisme des vécus féminins, en l’occurence celui de femmes noires. À la genèse du projet, MON envie de parler des femmes noires autrement que par le prisme de la discrimination. Le désir d’illustrer en quoi, individuellement, elles pouvaient contribuer au récit commun en refusant d’être emprisonnées dans des cases que ce soit au sein même de leurs communautés, ou dans le regard de l’autre.

Mon propos était de faire entendre au coeur de l’intime, les expériences personnelles de femmes noires. Des parcours de vie narrés à la première personne du singulier, où il serait question de famille, sexualité, parentalité, construction personnelle, résilience. Des thèmes quasiment jamais abordés, au sein des communautés afro.

Dans ma démarche, il s’agissait non seulement de prêter une intériorité, un vécu singulier et personnel aux femmes issues DES communautés noires, mais également avec les témoignages livrés et les thématiques abordés, d’ouvrir des espaces de discussion dans des sociétés où l’on ne parle pas de soi. Où le groupe prévaut sur l’individu. Surtout si cet individuE est une femme.

L’une des plus grandes idées reçues sur les femmes noires ( idée véhiculée par certaines des concernées elles-mêmes) est qu’elles formeraient un bloc homogène. Leur couleur de peau suffirait à dire qui elles sont. Mais n’en déplaise à certain.e.s, la couleur ne dit pas tout de l’épaisseur des vies. Nous sommes des êtres de culture, et non de nature. Pour chacune de nous, il y a donc une histoire, un récit, un vécu, un ressenti qui diffère d’un être à l’autre, et qui vaut la peine d’être partagé.

C’est forte de cette conviction que j’ai eu envie d’interroger des femmes noires sur leur propre vécu, et sur d’autres sujets que ceux auxquels elles étaient habituellement circonscrites. Ces sujets communément traités à titre collectif, à savoir les discriminations, le racisme, les inégalités, qui, s’ils sont certes nécessaires, nous restreignent à une parole et des thématiques bien spécifiques.
J’avais envie une fois n’est pas coutume, de tendre un miroir et offrir un regard sur soi. Valoriser l’individualisation, la singularité.
Tacler le fait que dans nos cultures, l’introspection, réfléchir au sens que l’on confère à sa féminité, à sa personne apparaisse encore trop comme « un truc de blanc.he ». Qu’il soit encore très mal vu de s’émanciper de ce qui ne nous convient pas, des limites qui nous restreignent et nous sont imposées au titre de la coutume, de la tradition, ou de l’éducation.







La sexualité, le couple, la parentalité, la construction de soi, l’intimité, sont autant de sujets universels par lesquels nous sommes également concernées, mais il s’agit de thématiques peu abordés au sein même de nos communautés, où beaucoup de tabous subsistent. Et si à titre collectif, nous sommes particulièrement audibles "sur l'esclavage, la colonisation, la ségrégation raciale, la violence dans la banlieue ou les expériences dans des pays du continent africain", c’est par contre un silence assourdissant qui s’abat dès qu’il est question de l’intime et du personnel.

A croire que nous ne serions que Noires et non des PERSONNES noires, c’est à dire des individus et des sujets aux prises avec des émotions, des ressentis, des névroses, des joies et des peines...

C’est parce que je déplorais cet état de fait que ce podcast traite de L’INTIME. Des histoires de vie de femmes noires parlant de leur existence en tant qu’individuEs, parlant d’elles en tant que sujet, et par là même, de nous toutes et du monde. Et il n'est ni communautariste, ni excluant, que de souligner la singularité de cette expérience.

A mes yeux, l’intime est un champ politique. Si ce n’est la politique même. C’est le premier bastion de l’émancipation quand on est une femme. Et oh combien, une femme noire. Celui où il faut, pour encore beaucoup d’entre nous, lutter pour son droit à affirmer une identité propre, se réapproprier sa propre image et prétendre à être regardée telle que l’on est.

Mettre en lumière l’individu, au titre de sujet - et oh combien quand celui-ci est une femme, est donc la vocation première de ce podcast intimiste, politique et féministe entièrement dédié aux femmes noires, à leurs émotions, à leurs ressentis, à leur vie affective et sexuelle, et dans lequel elles s’expriment de façon inédite en tout premier lieu aux yeux de leurs communautés, en disant « je ».

Il y est question de sujets universels ; de relations, d’affection, d’émotions, d’attachement, d’émoi, de sens. Des sujets propices à créer des passerelles vers toutes les femmes, susceptibles d’inciter chacune en miroir à se questionner sur son propre cheminement, s’interroger sur ses propres représentations, sur les stéréotypes qu’on véhicule personnellement, et voir que l’autre est aussi un peu de soi-même.

Les récits de soi remarquables des 7 femmes noires s’exprimant dans la première saison du podcast - et refusant de se laisser dicter les codes de leur liberté, œuvrent je l’espère, à déconstruire les préjugés et les fantasmes qui existent encore dans notre société à propos des PERSONNES noires, mais également à réaliser au sein des communautés noires, qu’il existe au moins autant de façons d’être femme, que d’être noire... autant de personnes que de récits, et une vaste audience, prête à les découvrir. Dans toute leur authenticité.

Axelle,

le 10/09/2018.



Écouter les conversations Me My Sexe and I®-Le podcast
sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Soundcloud.





Dans le premier épisode, c’est Danielle qui m’a accueillie avec générosité et chaleur dans son intimité. Trentenaire, Parisienne et conteuse, elle est à l’initiative du blog lifestyle plébiscité depuis 2006, Best of D, et du réseau d’entraide Dear Mama. Nous avons parlé ensemble de son éducation, de sa mère, de la jeune fille qu’elle était, mais aussi de transmission, de sexualisation, du mouvement #MeToo, et de sa maternité.

Dans le deuxième épisode, c’est Aïssata qui m’a accueillie avec volubilité dans son intimité. La quarantaine, francilienne, mère de deux enfants, elle est travailleuse sociale et administratrice auprès du GAMS ( Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles). Ensemble nous avons beaucoup parlé d’amour, de l’importance de sa virginité aux yeux de sa mère, mais également de son amour pour ses enfants, et de ses échanges effarants sur les sites de rencontre.

Dans le troisième épisode, c’est la résiliente et solaire Marie qui m’a accueillie dans son intimité. Marie est auteure, et ensemble, nous avons pris part à « Volcaniques, une anthologie du plaisir », un ouvrage collectif sur le plaisir féminin. Dans une vie précédente avant de publier 5 ouvrages, elle a été à 19 ans la première danseuse française engagée par Alvin Ailey. Nous avons évoqué ensemble son métissage, fruit de la rencontre de sa mère bretonne et de son père guinéen, ses deux papa » l’un noir et l’autre blanc », sa « faille d’abandon », mais aussi parlé de séduction et de ce qu’elle nomme son côté « courtisane ».

Dans le quatrième épisode, c’est la volontaire et déterminée Fatou qui m’a accueillie dans son intimité. Plus connue sur la toile sous le nom de son blog « BlackBeautyBag », Fatou est une blogueuse beauté devenue une influenceuse de renom, qui est depuis un an une égérie l’Oréal. Nous avons parlé d’épanouissement sexuel, d’affirmation de soi, de maternité et de l’importance de ne pas stigmatiser les femmes qui décident de ne pas avoir d’enfant. Elle a également évoqué avec authenticité l’épisode dépressif qu’elle a traversé lors de sa séparation, et ce que la thérapie lui a apporté. Avec la franchise qui la caractérise, elle a aussi abordé le thème de la sororité, ne mâchant pas ses mots sur le sujet.
Dans le cinquième épisode, c’est la pionnière et inspirante Paoline Ekambi qui m’a accueillie dans son intimité. Celle que l’on surnomme affectueusement Pao, a détenu jusqu’en 2017 et pendant 24 années consécutives, le record du plus grand nombre de sélections en équipe de France de basket. Première sportive – tous sports confondus- à avoir fait la une à 19 ans, de l’Équipe, elle est également la première joueuse noire à avoir intégrer l’équipe de France de basket avec laquelle elle a été championne de France et vice-championne d’Europe. Dans cet épisode, c’est la fille, la soeur, la nièce, la cousine et la femme derrière l’athlète renommée que je vous invite à découvrir. Le récit de Paoline est inédit, poignant, inconcevable pour des oreilles de mère, et parfois intolérable. Et il se peut qu’il vous laisse sans voix.
Dans le 6ème épisode, c’est l’attachante Gaëlle qui m’a accueillie dans son intimité. Gaëlle est une Bloggeuse en mode grande taille et une figure de proue du mouvement Body Positive, en France. Dans cet épisode nous avons parlé de son enfance, de sa mère ; première féministe qu’elle ait rencontré, mais aussi longuement évoqué sa sœur, cette jeune femme qui s’est suicidée alors que Gaëlle avait 12 ans.
Dans le 7 ème et dernier épisode, marquant pour tous ceux qui l’ont écouté, c’est la Sage et éclairée Christine qui m’a accueillie dans son intimité. Christine a 71 ans. Née en Guinée, c’ est une ancienne aide-soignante et anesthésiste de profession. Elle est aussi l’ancienne présidente du GAMS, Le Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles et des mariages forcés. Dans cet épisode, nous avons parlé de son enfance et du traumatisme terrible que représenta dans sa vie de petite fille pleine de vitalité, éduquée dans une famille chrétienne, son excision. Il a aussi été question de la re-construction (au sens propre et figuré) en plusieurs étapes auxquelles elle a dû faire face, et avec simplicité et sans aucun tabou, du travail qu’elle a fait sur elle-même pour connaitre le plaisir sexuel, et la joie d’aimer.
Bravo pour ce podcast, le choix des intervenantes et le partage de ces discussions intimes qui nous concernent tous!
Maka
contributrice de la campagne de financement sur Ulule
"Je me suis régalée en écoutant la première saison du podcast, j'attends avec impatience la deuxième. Merci de donner la parole aux femmes et de le faire avec beaucoup de simplicité, d'humilité et de gentillesse!"
Cécile
Sur Instagram
"Super podcast, j'ai adoré couter chaque épisode. C'est très enrichissant! J'ai été particulièrement touchée par le témoignage de Christine. Que de femmes fortes, vous pouvez être fière de vous!
Vivement la saison 2."
Isha
Apple Podcasts
"C'est fou comment on peut se reconnaître dans plusieurs témoignages. Je recommande vraiment."
Myriam
sur Twitter
Les plus belles rencontres de mon été ce sont Elles. Toutes une saison écoutée en 5 jours. larmes. admiration. euphorie. amour. Amour.
O' De Bellis
sur Twitter
"Ce podcast nous permet à nous, femmes noires, de nous retrouver dans des sujets qui peuvent être assez tabous dans nos cultures."
DorahB.
sur Apple Podcasts
"Des sujets qui touchent vraiment la femme, la femme noire oui mais aussi la femme dans son ensemble."
Ayeleka
sur Apple Podcasts
"Des interviews bien menées; sans tabou entre rires et larmes. A suivre absolument."
Lilloux 3116
sur Apple Podcasts
Je me reconnais dans chacune de ces histoires tellement vraies, tellement touchantes et déchirantes. C'était vraiment le podcast qui manquait.
Farmata
sur Apple Podcasts
Avertissement : Ce documentaire aborde la thématique des violences sexuelles sur mineures.
Il est parfois difficile à écouter. Assurez-vous de le faire dans les meilleures conditions possibles...

À propos de
La fille sur le canapé.
La fille sur le canapé ® est un documentaire sonore de cinq heures, découpé en 9 épisodes, réalisé en Novembre 2020, qui offre un espace de parole sécurisé à des femmes afrodescendantes.

Il s'agit du premier podcast réalisé par une personne victime, pour des personnes victimes et leur donnant la parole.

Avec ce documentaire, je souhaitais donner le pouvoir de dire “je” aux personnes victimes.

Dans La Fille sur le canapé, à travers plusieurs témoignages et mon propre vécu, j'explore la question urgente des violences sexuelles intrafamiliales sur personnes mineures, et c'est un podcast qui se lit autant qu’il s’écoute. Les récits des victimes recueillis par mes soins et les témoignages des expertes croisent tout au long des 9 épisodes les mots de Maya Angelou, Léonora Miano, Alice Walker, Toni Morrison et Sapphire, grandes écrivaines noires qui m'ont aidé à prendre la parole pour moi-même.
















La violence dans le cadre des relations intimes est la forme la plus courante subie par les femmes au niveau mondial. Mais dans le cadre intracommunautaire, elle demeure invisible et silencieuse, à l’abri des regards, dans le domicile familial ou conjugal. À travers ces récits, je souhaitais faire émerger le thème de la mémoire, de la famille, de l’identité mais aussi de la loyauté à soi, et à la communauté.

Produit par Nouvelles écoutes, et réalisé avec soin par Aurore Meyer-Mahieu et Marine Raut, le podcast est un écrin pour la parole recueillie notamment grâce à la sublime musique originale de Sandra Nkaké, chanteuse et actrice franco-camerounaise, dont le corps – ses mains, son torse, sa bouche – sont le seul instrument de musique. Cette composition originale met ainsi en lumière la puissance du langage du corps et répond, en écho, à la parole des concernées.

Le podcast est disponible sur toutes les plateformes de téléchargement et les applications sous "Intime & Politique."

Écouter la série La Fille sur le canapé
sur Apple podcast, Castbox, Deezer, SoundCloud, Spotify, ou Stitcher.



La fille sur le canapé d'Axelle Jah Njiké (@MeMySexeandI), très émouvant documentaire sonore sur les violences sexuelles sur mineures au sein des communautés noires. Écoutez, partagez.
Marie Julie
sur Instagram
"Merci pour la série La fille sur le canapé, des témoignages bouleversants sur les abus sexuels et la domination masculine dans la communauté noire.
Quel courage!"
Vital
Sur Apple Podcasts
"La fille sur le canapé, podcast de la série Intime & Politique fait écho au magistral Ou peut-être une nuit en abordant la question des violences sexuelles dans la communauté noire.
Passionnant, très dur, essentiel."
Sandra Spano
Sur Instagram
"Un podcast éclairant
sur les violences sexuelles sur mineures.
Des témoignages bouleversants soulignés par des extraits d'oeuvres de Toni Morrisson, Maya Angelou et bien d'autres. "
Elisa Fernandez
sur Twitter
Merci de libérer la parole des filles et femmes noires.
Zalika 2
sur Apple Podcasts
"Merci @MeMySexeAndI pour ce travail exceptionnel à tous points de vue. J'avais découvert et écouté chaque épisode fin décembre, et les réécouterai. Et merci à @unpodcastasoi de relayer l'ensemble de ces travaux si importants."
Alice Coffin
Sur Twitter
"Je suis au milieu du premier épisode et j'ai le coeur brisé pour cette jeune femme et je suis impressionnée parce que je ressens le cocon respectueux que parvient à créer @MeMySexeAndI quand elle l'écoute. Je suis scotchée."
Bacicoline
Sur Twitter
"Voir le #MeTooInceste outre la rage et l'écoeurement, me donne envie de vous recommander la série la fille sur le canapé de @MeMySexeAndI du podcast Intime & Politique."
Vivianne Dellamore
sur Instagram
"La fille sur le canapé raconte des histoires que l'on n'entend jamais. L'impression que j'ai eue en l'écoutant c'est que si ces femmes avaient le courage de raconter leur histoire, on leur devait d'avoir la force de les écouter et de les entendre. Et on en sort grandie. "
Judith Grumbach
sur Twitter
À propos de
Je suis noire et je n'aime pas Beyoncé.
Je suis noire et je n'aime pas Beyoncé®
Féminisme(s) noir (s) & Transmission.

Sur la foi de deux ouvrages majeurs de l’émancipation des femmes africaines « Une si Longue lettre » de Mariama Bâ & « La parole aux négresses » d’Awa Thiam, je tâche de dresser un état des lieux des féminismes noirs aujourd’hui, dans l’espace francophone.

En 2021, qu’est-ce qu’être féministe quand on est une femme africaine ? Une femme afrodescendante dans l’espace européen ? Existe-t-il un féminisme africain, un féminisme noir ? Un féminisme afropéen ? Comment se définissent-ils ? Quelle est l’histoire, quels sont les enjeux, les défis et les obstacles rencontrés par les femmes noires dans les sociétés africaines et en Europe pour prétendre à leur émancipation ? Est-il facile de se revendiquer féministe quand on est une femme africaine ?

Dans cette série chorale à la séquence de fin qui me me tenait particulièrement à coeur, vous entendrez les voix de:

_ Fatou Sow,

79 ans, Sociologue sénégalaise et chercheuse, CNRS-Université Cheikh Anta Diop (Sénégal), spécialiste des questions de genre et militante féministe chevronnée. Directrice de collection de l’ouvrage « Notre corps notre santé- La sexualité des femmes en Afrique Subsaharienne » (2004, Ed. L’Harmattan).

_Marie-Angélique Savané,

73 ans, Sociologue sénégalaise, féministe historique & femme politique. Ancienne présidente du Fonds des nations Unies pour les Populations (UNFPA), fondatrice de la revue africaine « Famille et développement », & membre fondatrice du mouvement Yeewu-yeewi (« faire prendre conscience, pour libérer »), première organisation féministe africaine connue crée en 1984.

_ Khady Koïta,

61 ans, Formatrice et consultante. Militante sénégalaise, engagée contre les violences faites aux femmes et les mutilations sexuelles féminines, auteure du livre Mutilée (Oh! Éditions, 2005)

_ Éliane Aïssi

72 ans, Maitresse de conférences béninoise, ex-enseignante chercheuse en biologie à l’université de Lille, Docteure en pharmacie, Chevalière de la Légion d’honneur, & créatrice de la Rencontre Internationales des Femmes Noires (RIFEN).

par contre un silence assourdissant qui s’abat dès qu’il est question de l’intime et du personnel.

mais également:


_Traoré Bintou Mariam,

28 ans, journaliste et féministe ivoirienne, créatrice du hastag : #Vraiefemmeafricaine, et du site web d’actualités Matrimoine Africain qui fait découvrir les figures féministes du continent. Chargée de communication du projet Jeunes féministes d’Afrique de l’Ouest.

_ Diakhoumba Gassama

40 ans, juriste. Coordonnatrice des campagnes d’Amnesty International sur les jeunes et l’activisme en Afrique.








_ Djaïli Amadou Amal

Autrice camerounaise du roman « Les Impatientes » (Prix Goncourt des Lycéens 2020), Éditions Emmanuelle Collas, Paris 2020. Ouvrage disponible sur le continent sous le titre Munyal, les larmes de la patience.

_ Dieretou Diallo

28 ans, fondatrice du Collectif Guinéennes du 21ème siècle. Consultante en communication digitale.

_Kpénahi Traoré,

37 ans, journaliste indépendante. Réalisatrice du podcast « Bas les pattes » (RFI), qui questionne la place de la femme dans les sociétés africaines après les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc.

_Sharone Omankoy

35 ans, Travailleuse sociale dans une association de lutte contre le VIH, et en formation de conseillère conjugale et familiale. Fondatrice du collectif afroféministe Mwasi .

_Aïchatou Ouattara

37 ans, Juriste spécialisée en droit social, blogueuse et créatrice du blog Afrofeminista.

_Amandine Gay,

36 ans, réalisatrice, autrice & productrice des documentaires « Ouvrir la voix » & « Une histoire à soi ».

_Pamela Ohene-Nyako

30 ans, Historienne doctorante à l’Université de Genève et créatrice de de la plateforme littéraire Afrolitt qui revendique la littérature noire comme outil de réflexion critique. Prépare une thèse sur les circulations transnationales et les mobilisations de femmes noires d’Europe, dans les années 1970-1990, et organise des rencontres de la Suisse au Ghana.

_Jennifer Padjemi

Journaliste, autrice de « Féminismes & Pop Culture », Ed. Stock (Mars 2021)

_Hortense Assaga,

53 ans, Journaliste sur Canal+Afrique, modératrice la table ronde sur les femmes dans le cinéma africain lors de la 50ème édition du FESPACO en 2019, initiatrice du hashtag : #Memepaspeur.

_Emmanuel Dongala

Écrivain, lauréat du prix Ahmadou Kourouma en 2011 pour son roman "Photo de groupe au bord du fleuve" paru chez Actes Sud.


P.S: Le titre est un rappel de l'hétérogénéité des femmes et filles noires; oui on peut être noire et ne pas aimer Beyoncé, et on a le droit sur ce point comme bien d'autres d'être multiples et diverses en tant que personnes noires. Il dénonce de façon percutante les injonctions faites aux femmes noires, d'être un bloc homogène, partageant toutes les mêmes goûts, les mêmes opinions et les mêmes ressentis.


La série est disponible là où vous écoutez habituellement vos podcasts, ainsi que sur l'application Radio France, et hors de l'hexagone (mais vouiiiii !!) sur le site de France Culture.

Écouter la série Je suis noire et je n'aime pas Beyoncé
sur Spotify, Deezer, CastBox, ou Apple Podcasts.

"Une série d'émissions remarquables sur les mouvements féministes noirs, passés et présents. L'occasion de découvrir une multitude d'intellectuelles et d'autrices dont on connaît encore trop peu les voix en France."
Elise
sur Twitter
"Contente d'avoir participé à cette série documentaire interrogeant la chronologie des féminismes noirs, d'Afrique et de la diaspora.."
Ndeye Fatou Kane
Sur Twitter
"Je viens d’écouter le premier épisode . Encore une fois, merci @MeMySexeAndI
. Tout ce que tu produit est toujours riche de sens, de qualité et fait un bien fou."
Nos identités-Podcast
Sur Twitter
"Contente d’avoir participé (épisodes 2, 3 et 4) à cette percutante série d’échanges sur les féminismes noirs francophones conduite par @MeMySexeAndI
à écouter sur @franceculture."
Dieretou Diallo
sur Instagram
"#MeMySexeAndI nous offre LA SÉRIE DOCUMENTAIRE qu'on attendait. Le plus beau des dialogues panafricain en 4 épisodes. "
Amandine Gay
sur Twitter
"Sortie tout chaud à écouter sans modération cette série de 4 épisodes de @MeMySexeAndI
sur les féministes noires à travers les voix de différentes générations de féministes d'Afrique et de la diaspora. Ils n'attendent que votre écoute sur @franceculture
et @LSDseriedoc."
Kpénahi Traoré
Sur Twitter
"On vous recommande l'écoute de "Je suis noire et je n’aime pas Beyoncé",
une histoire des féminismes noirs francophones par @MeMySexeAndI
pour @LSDseriedoc
C'est riche, documenté, et extrêmement intéressant !"
Women Who do stuff
Sur Twitter
"Ravie d’avoir participé au documentaire « Je suis noire et je n’aime pas Beyoncé » sur les féminismes noirset la Pop Culture.
4 épisodes avec de brillantes intervenantes."
Paola Audrey Ndengue
sur Instagram
"Présentement en train de me délecter de cette série documentaire au sujet des féminismes noirs francophones. Merci à Axelle Jah Njiké de nous livrer cette brillante analyse avec toute la pédagogie, l'engagement personnel et la poésie qui caractérise son travail."
Illana Weizman
sur Instagram
par Axelle Jah Njiké
Un book club inédit et inclusif crée par Axelle Jah Njiké.

Prochaine Session:
Automne 2021.
La bibliothérapie (étymologiquement thérapie par les livres) est un outil pour comprendre les autres, apprendre à se mettre à leur place et se comprendre soi-même.

16 livres choisis avec soin pour porter un regard
( nouveau) sur soi.

Chaque lectrice est invitée à aller à la rencontre d'elle-même, des autres, et du monde.

PRENDRE
LE TEMPS POUR SOI.

Les modalités.
2 sessions par mois avec des livres pour trouver des réponses, des solutions et de l'apaisement. Des rencontres limité à 9 participantes par session.

Un rendez-vous pour évoluer et s'enrichir personnellement, se prendre en main, se mettre tout en haut de sa « To do list ».

FÉMINISTE
&THÉRAPEUTIQUE

Une nouvelle approche, un premier pas pour parler de soi.

Plusieurs études ont montré que la littérature a des effets bénéfiques sur le cerveau. Les romans permettent de développer une réflexion plus élaborée et une plus grande créativité. Après avoir posé son roman, nous interagissons de manière plus qualitative avec les autres dans le monde réel.

À LA RENCONTRE DE SOI.

Les modalités.
Pour prendre part au Book Club,
vous devez aimer lire, et être en mesure
de lire 2 livres de fiction par mois ( 1 ouvrage en format poche d'environ 200 à 400 pages, est à lire par quinzaine préalablement à chaque session).


Si vous aimez aussi écrire, c'est un plus! vous serez invitée à tenir un carnet de lecture personnel pendant toute la durée du Book Club.


Contact
Pour connaître les modalités de la session 2021
du Book Club, merci de remplir ce formulaire.

Les tarifs et dates de la prochaine session (Septembre 2021)
vous seront communiqués par mail mi-août 2021.

Pour tout autre message,
merci de remplir également ce formulaire.
par Axelle Jah Njiké
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Me My Sexe and I®, est une newsletter, personnelle et subjective de tout ce qui ( actu, livres, initiatives) à propos des femmes, m'intéresse, m'interpelle, me réjouit, me révolte, m'émeut...et peut-être même parfois, me déçoit!
À chaque édition, vous y retrouverez tantôt:

  • un édito personnel (plus ou moins long) de ma part,
  • une revue de presse inclusive à l’image de celle que j’effectuais sur mon compte Facebook personnel au lancement de la plateforme, puis sur une page dédiée, mais avec l’assurance cette fois qu’il n’y aura ni censure ni signalement malveillant…
  • ou des recommandations ( essentiellement de livres, de films, de séries, de podcasts, d’expos et d’initiatives) qui culturellement, me nourrissent.
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Reprise des parutions en Juillet 2021.


par Axelle Jah Njiké
Le Monde
14 Septembre 2019.
Cheek x Les Inrocks
4 février 2020.
Causette
Juillet 2019.
L'express Styles
Septembre 2018
Grand Angle, TV5 Monde.
1er septembre 2019.
Cervyx au studio Ground control
Juillet 2019.
Paris Normandie
25 Juin 2019.
Le Monde Afrique
18 Juillet 2016.
TV5 Monde Diasporas.
26 février 2018.
Excision Parlons-en
5 septembre 2016.
Le Monde Afrique
19 Juillet 2016.
2050 LE PODCAST by Rebecca Amstrong
1er Février 2018.
2400 Le Podcast par Diahala Doucouré
2019.
Lettre à 1 000 petites filles :

Comme chaque jour en France, environ 1 000 petites filles naîtront ce 8 mars 2021, Journée internationale des droits des femmes. À cette occasion, le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances a souhaité inspirer ces 1 000 petites filles à l’aube de leur vie en leur donnant à voir tous les possibles qui s’offrent à elles. Pour ce faire, près de 100 femmes françaises ont été invitées à leur écrire une lettre inspirante.
Si chacune de ces lettres a vocation à passer le relais de l’Égalité restant à conquérir aux petites filles, elle délivrera également un message universel d’espoir : rien ne sera impossible pour vous qui serez les femmes de demain.


LE PLAISIR FÉMININ... INTERVIEW CLASSÉE X?

Cet entretien a été réalisé le 25/05/2016, par Clara de Souza et publié par INFORMEL BLOG le 13 Mai 2016.

Tous droits réservés.

INFORMEL:
La sexualité féminine est au centre du travail que tu accomplis depuis plusieurs années, d’où vient cet intérêt, quel en est le point de départ ?
AXELLE:

Je suis la fille d’une mère qui ne savait ni lire ni écrire, mariée contre son gré à 12 ans à un homme qui avait 3 fois son âge, et qu’elle n’avait jamais vu ni d’Eve ni d’Adam avant leurs « noces ». Après avoir eu 2 fils avant l’âge de 16 ans, ma mère a rencontré à la vingtaine passée, un homme dont elle est tombée éperdument amoureuse, et avec lequel, elle a choisi d’avoir une fille… moi.


Je suis le fruit des choix de cette femme-là, celle qu’elle fut après la vingtaine et qui aima et fut aimée de mon père. J’ai eu la chance, grâce aux choix choix différents qu’elle a fait pour moi, et qui ont rendu possibles d’autres opportunités, d’avoir pu, enfant, apprendre à lire et à écrire, pu flirter adolescente avec des garçons de mon choix et choisi non seulement mon premier partenaire sexuel, mais eu la possibilité d’en avoir eu plusieurs avant mon mariage.


J’ai choisi mon époux, ma grossesse, mon divorce, les circonstances qui ont mené à mon mode de vie actuel, et tout ça contribue à ce que je sois convaincue que l’instruction pour les femmes, est cruciale, mais qu’elle est indissociable de la liberté à pouvoir se créer un intime de son choix. Grâce à la décision prise par ma mère de me laisser partir étudier en France, à des milliers de kilomètres d’elle, alors que j’étais tout juste une enfant, j’ai pu débuter ma vie de femme en jouissant. Ça peut paraître étrange de voir les choses ainsi, mais pour moi, c’est pourtant très fort et très limpide. J’ai non seulement été la première à apprendre à lire et à écrire parmi les femmes de ma famille, mais j’ai aussi été la première à choisir mon mari, disposer de la possibilité de quitter ce dernier quand je n’ai plus eu envie de lier mon sort au sien, et cerise sur le gâteau- et quelle cerise ! la première à vivre une vie sexuelle qui était celle de mon choix.


Je dis souvent qu’elle m’a donné la possibilité de lire, d’écrire, de choisir, mais aussi celle de jouir, et je crois que c’est le cadeau le plus précieux qu’elle m’ait fait. J’aurais été peut-être privée de ma dimension de « sujet » sexuel si l’histoire en avait été autrement, mais Dieu merci pour moi, elle s’est déroulée comme ça. Et c’est peut-être parce que je suis la fille de cette femme-là, dont la vie intime a débuté sous des auspices effroyables, mais qui s’est ensuite épanouie auprès de mon père, dans l’amour et le plaisir, que je suis convaincue que la sexualité est le premier espace dans lequel doit s’exercer la liberté individuelle, et que l’intime est crucial dans non seulement dans la transmission, mais aussi dans la lutte pour nos droits.

INFORMEL:
Volcaniques est un recueil sur le plaisir féminin écrit par 12 auteures noires et métisses, penses-tu qu’il y a une différence dans la façon d’aborder le plaisir pour les femmes noires? Et qu’elle est-elle selon toi?

AXELLE:
Personnellement, je ne crois pas que la faculté à prendre du plaisir soit lié à l’appartenance ethnique, mais plutôt à un vécu personnel, et sensuel. « Volcaniques » raconte le plaisir féminin dans sa diversité. Il se trouve que les auteures, sont des femmes noires, issues DES mondes noirs et qu’on a peu coutume de nous prêter une intériorité, un intime pour ce qui est de ces questions. C’est pour ça qu’il était important pour moi de participer à un tel projet. Pour déconstruire les imaginaires. La plupart du temps, la femme noire n’est qu’un corps. Toujours dans un registre d’animalité, de passion ou d’exotisme, fort peu dans celui du quotidien. Quant à la sexualité des femmes noires, elle fait l’objet de tant de fantasmes que pour un certain nombre de personnes, nous serions noires avant même d’être des femmes ! Nous ne serions pas dotées de réflexions, de pensées, de colères, de paroles intimes, et ne serions que des corps, voire des lianes, des panthères, ou des doudous. Pourtant nous sommes des êtres humains. Enfin, je crois ! Et non seulement ça, mais également pour certaines d’entre nous, des sujets désirants, dotés d’un imaginaire, d’un vécu, qui est autre chose que la somme des fantasmes de nos interlocuteurs/trices.

Les thèmes explorés dans l’anthologie sont universels, et vont de l’apprentissage de l’auto-érotisme avec la nouvelle d’Hemley Boum, au traumatisme suite à une agression sexuelle dans celle de Léonora Miano, en passant par la transmission dans celle de Gisèle Pineau. Si on retire l’habillage culturel, des protagonistes comme celles de la nouvelle d’Elizabeth Tchoungui, ces deux jeunes femmes qui n’ont pas la liberté de vivre leur sexualité dans une société où elle est stigmatisée, pourraient être chinoises, indiennes, turques ou russes. La nouvelle de Gilda Gonfier nous parle d’une femme fraîchement quittée par son amant, celle de Marie Dô, des relations amoureuses toxiques, et le « café noir sans crème », de Nathalie Etoké, aborde quant à elle la question du célibat des femmes diplômées, un phénomène de société.

La vérité, c’est que le thème abordé n’est pas la couleur, ni même l’Afrique contrairement à ce que certains ont compris à la démarche (ne serait-ce que parce que nous évoquons, LES mondes noirs, et leur variété) mais l’intime, et l’intime, c’est du registre de l’universel à ce que je sache. Et la sensation, si sensation il doit y avoir à propos de cet ouvrage, est qu’il livre la parole de 12 femmes noires dans ce qu’elles ont d’intérieur, de subtil, et surtout, de commun avec les autres.
La sensualité, le plaisir, le désir n’y sont pas traités différemment parce que nous sommes noires. Mais parce que nos vécus divergent, notre manière d’être femme et de nous inscrire dans notre féminité, également, et que nous n’avions pas toutes envie de dire la même chose sur le sujet.

Je ne crois pas jouir mieux, ou plus fort parce que je suis noire, comme je ne crois pas non plus être un meilleur « coup » parce que je suis africaine et que mon environnement culturel m’y prédisposerait. Tout ça, ce sont des clichés, de la paresse ! Des parades qui empêchent de vraiment faire la connaissance de l’autre. Tout comme je peux m’identifier à l’héroïne d’un ouvrage érotique d’Anaïs Nin, parce que je me reconnais dans l’expression du désir de cette dernière, j’avais envie qu’il soit rendu possible pour une lectrice d’un environnement culturel différent du mien, d’en faire de même avec ce recueil, au travers d’un ou plusieurs personnages.

INFORMEL:
En quoi la sexualité s’inscrit dans un mouvement plus global d’émancipation pour la femme ?

AXELLE:
Dans l’édification de sa féminité, de son être, et de son épanouissement sexuel, la façon dont on vit notre sexe est très importante. Il devrait d’abord être un cadeau pour nous, avant d’être une offrande pour l’autre. Mais combien de femmes ont véritablement conscience de ça ? Vivent leur sexe du bon endroit, de l’intérieur ? Il ne s’agit pas simplement de savoir qu’il est là et où il se situe, mais de le découvrir, de le regarder, de le connaître, de l’admirer, de l’accueillir.

Contribuer à construire un monde vraiment différent, un monde où le sexe des femmes ne donnera plus lieu à des batailles politiques et idéologiques cruciales, à des actes de barbarie comme ceux dénoncés sur le corps des femmes au Congo, ou à des mutilations sexuelles génitales pour 200 millions de nos semblables, commence par la réappropriation par chacune de son sexe. De son plaisir. De son droit à disposer de son être tout entier.

On ne peut pas seulement être celles qui subissent le sexe, il est impératif qu’il soit pour nous aussi, synonyme d’expression et d’épanouissement. L’autonomie, l’émancipation passe aussi par ce domaine là. Ce n’est pas le tout d’être contre les femmes excisées, les violences sexuelles, les femmes battues, les disparités de salaires, il faudrait aussi faire évoluer le discours sur nos relations intimes, le couple, la parentalité.
Tout le monde agit comme si la liberté conquise par les femmes s’était cantonnée à la sphère sociale. Mais non, elle a également eu lieu dans leur vie privée ! C’est à dire dans le domaine corporel et intime. La révolution, la vraie est pour moi, inséparable de l’intime. Du personnel. De la transformation de soi. Et c’est à ce titre que réhabiliter l'érotisme, et je pense particulièrement à l’auto-érotisme, à la masturbation féminine, comme force, comme affirmation de soi dans l'optique d'être présente à soi, présente au monde, me semble primordial.
Il est important de réclamer la jouissance féminine comme un droit inaliénable pour toutes. Pas seulement parce que 200 millions de femmes sont privées à travers le monde de cette possibilité avec l’atteinte absolue à la sexualité féminine qu’est l’excision, mais parce qu’il est important de dire à nos filles que leur corps leur appartient. Que leur épanouissement sexuel est un besoin naturel et existentiel, qu’il fait partie d’un accomplissement plus global, d’une affirmation de soi, de leur personnalité et de leur féminité.

Avant même le politique, le féminisme est, pour moi, d’abord quelque chose de personnel et de charnel. Il s’incarne. C’est tourné d’abord l’attention vers soi, vers son propre accomplissement, s’écouter, ne pas vivre à l’extérieur de soi et dans le regard ou en attente de validation de la part des autres. C’est réfuter dans sa chair cette vision selon laquelle le plaisir des femmes ou leur sexualité, serait sale, impur, malsain et interdit. Et avoir la pleine jouissance de son corps, qu’il ne soit pas sujet de honte, et qu’on puisse être libre et fière d’en disposer totalement.

C’est bien d’apprendre aux gamines à aimer leur apparence corporelle, mais quand est-ce qu’on leur apprend à aimer leur clitoris et le plaisir qu’il peut leur procurer ? On les informe quand des vertus de cet organe, dont elles sont les seules à êtres dotées, et qui a pour seule fonction de les mener au plaisir ? Que le sexe se vit d’abord avec soi, pour soi et que la masturbation aide chacune à reconnaître son plaisir ?
Cette pratique-là n’est pas une simple question de sexualité ou de plaisir, c’est aussi une question politique. Une question qui a trait à la révolution du plaisir à opérer dans nos sociétés, et à la nécessité de forger un avenir sexuel meilleur pour les générations à venir.
Il faut militer pour le pouvoir de souveraineté des femmes dans ce domaine, leur droit d’exercer leur libre arbitre, et rétablir dans son pouvoir et sa dignité originels la sexualité des femmes. C’est en tous cas, ma conviction.
INFORMEL:
Quelle différence fais-tu entre le combat féministe des années 70 et celui des néo féministes ? En quoi diffère-t-il ? Penses-tu que nous avons fait un bond en arrière en matière de sexualité ?

AXELLE:
Je trouve que le féminisme actuel passe totalement à côté de la question du plaisir et de l’auto-érotisme comme vecteur d’émancipation. Il mobilise certes contre les violences sexuelles, le harcèlement de rue, les violences conjugales, mais dans le même temps, il n’a aucun discours positif sur la sexualité, sur le plaisir, l’estime de soi, le relationnel.

Le féminisme ce n’est pas seulement se mobiliser sur ces questions personnelles devenues politiques grâce au travail de celles nous ayant précédé, c’est poursuivre cette conquête du privé, qui est le fondement de toute véritable libération. Et ça, ça passe forcément par la sexualité et la vision que nous en avons. Elle ne peut pas seulement être synonyme d’outrages, de violences, d’abus, et de domination, elle doit également être synonyme de volupté, d’épanouissement et de bien être. D’une féminité joyeuse et accomplie.

Quand est-ce qu’on va apprendre à nos filles que la sexualité est une source de plaisir et de liberté ? Qu’elles sont en droit d’en attendre autant de satisfaction que leur partenaire, et qu’elles doivent s’occuper d’elles-mêmes avant de demander à quelqu’un d’autre de s’occuper d’elles ? Pourquoi on ne parle pas davantage de masturbation à nos filles ? Pourquoi on ne leur dit pas –ou si peu, qu’une femme qui se masturbe prouve qu’elle assume complètement sa sexualité ? Qu’il s’agit d’une femme qui connaît son plaisir et qui sait l’exprimer sans complexes par des gestes ? Qu’il s’agit d’un moyen de découvrir ses propres besoins sexuels, mais aussi une façon d’apprendre à les satisfaire ?

J’aimerai que le féminisme actuel s’adresse davantage aux femmes en leur qualité de sujets sexuels, d’amantes, de mères. Qu’il incite femmes et jeunes filles, à se réapproprier en tout premier lieu leur propre intimité, à ne plus se tenir en dehors de leur corps charnel, et à trouver en elles-mêmes les clés pour accéder à toute l’amplitude de leur être. Il est plus que temps de se réapproprier le discours en la matière, voire de le créer là où cela paraît inenvisageable.

Nous devons bien sûr, continuer à mettre à jour ce qui est souillé, caché, meurtri et interdit dans le domaine sexuel et qui est en lien direct avec le corps des femmes, mais dans le même temps, il est impératif d’enraciner la jouissance, de la revendiquer comme nôtre et cultiver tout le savoir possible à ce propos.Ça reste subversif des femmes qui osent parler haut et fort de leur plaisir sexuel ! Et je parle du plaisir d’être heureuse d’être une femme et d’avoir un corps de femme, avec un clitoris et ses 8 000 terminaisons nerveuses totalement dédiées à notre jouissance.
Je parle du fait d’être toutes destinées au plaisir et enclines à libérer notre « fille de joie », celle qui assume son envie de prendre du plaisir, d’en donner et d’accéder à une forme de bonheur d’être.

La mission du féminisme devrait être aussi de délivrer les femmes de la peur de leur puissance sexuelle, de la propension à attendre quelqu’un qui posséderait à leur place la clé de leur propre estime, de leur propre bonheur, de leur propre réussite ! Il n’y a pas de raison que les femmes soient dépossédées de leur propre corps et de leur jouissance, au nom de la bienséance, de la tradition, de la religion ou de la politique.
Pas de raison qu’elles soient objets plutôt que sujets sexuels. Notre sexualité est une grande source d’épanouissement. Et il est temps de la célébrer. En nous, pour commencer.
INFORMEL:
 Le plaisir féminin est tabou dans de nombreuses sociétés, pour ne pas dire presque toutes, comment es-tu allée à l’assaut du volcan ? Quelles sont les difficultés que tu as rencontré à l’écriture de ce texte ?

AXELLE:
Je n’ai rencontré absolument aucune difficulté pour la rédaction de ce texte pour ce qui est du contenu, en tous cas ! Après, j’ai eu la trouille, ce serait mentir que de prétendre le contraire, à la remise du texte. Il s’agissait de mon premier texte destiné à être publié, commandé par l’auteure que je considère personnellement comme la meilleure de sa génération, et j’ai eu une peur bleue de ne pas être à la hauteur de la confiance dont elle faisait preuve en m’invitant à prendre part à ce recueil. Mais tout s’est finalement très bien passée, et hormis quelques menues corrections qui m’ont permises de voir mes limites, je n’ai pas eu à remanier outrageusement le premier jet.

Ecrire sur le sexe était pour moi parfaitement naturel, instinctif et logique. Je suis une grande lectrice, dotée par mes lectures d’une grande liberté intérieure, pour moi, la littérature érotique était juste un genre littéraire comme un autre. Ce qui était important pour moi, c’était d’écrire un texte de belle facture, qui serait non seulement excitant à lire – on dit que la bonne littérature érotique se lit de la main gauche, mais qui pourrait également susciter une réflexion sur la faculté de chacun et chacune à s’ouvrir sans gêne à ses désirs.

Je ne crois pas personnellement que le sexe soit mauvais, dangereux et laid. Et qu’il soit encore plus dangereux et encore plus laid lorsqu’il s’agit de femmes. Au contraire, je crois qu’il est non seulement un facteur d’émancipation, mais qu’il peut nous conduire à une ouverture spirituelle, ou tout du moins, à une sexualité consciente. C’est un besoin naturel de l’espèce humaine, splendide et agréable. Qui doit être réhabilité dans toute sa beauté et sa puissance, et c’est tout ça que j’ai essayé de traduire dans cette nouvelle.
INFORMEL:
Bahia, le personnage féminin de ta nouvelle vit sa sexualité de manière totalement libre et décomplexée, sans nuances ni aspérités penses tu que cela correspond à la réalité des femmes aujourd’hui ?

AXELLE:
J’aimerais bien ! mais il faut être lucide. Peu de femmes s’autorisent encore à vivre leur sexualité de manière totalement libre et décomplexée. C’est justement parce que je déplorais ce fait que j’ai eu envie de dépeindre Bahia comme je l’ai fait, une femme maîtrisant son corps et sa sexualité, amoureuse d'elle même, du sexe et de ce qu'elle choisit de montrer.
Je suis viscéralement convaincue qu’on dit trop peu souvent aux femmes que, le premier domaine dans lequel elles devraient exercer leur liberté, est l’intime. Que disposer de son corps et de son esprit sont les ingrédients de la liberté.

Plus que refléter la réalité des femmes d’aujourd’hui, je voulais partager ma conviction qu’une sexualité épanouie se construit. Cette construction se fait étape par étape, et elle est indissociable d’une véritable estime de soi. C’est parce que Bahia se connaît, qu’elle s’apprécie comme être, et qu’elle est capable d’un érotisme avec elle-même, que sexuellement, elle est capable de cette détermination. De cette liberté.
Il est difficile, voire impossible de se sentir désirante si l’on ne porte pas un regard bienveillant sur soi-même. Mais c’est possible, à condition de prendre le temps de mieux se connaître et de cerner les contours de son désir et de sa sexualité.

Toute femme peut vivre bien avec le corps qui est le sien, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire. La solution est de revenir à soi et à son lien intime avec son corps. Arriver à l’aimer, à l’admirer, à le choyer sans penser aux modèles. Bahia n’appartient à personne. Elle s’appartient. Elle est créatrice de sa vie, et sa jouissance lui appartient, tout comme son sort. Elle est l’incarnation d’un féminisme qu’elle a choisi d’investir de manière charnelle, apaisante et spirituelle. Elle s’offre sans vergogne le meilleur de sa jouissance, des relations, de ses désirs les plus profonds. C’est un être libre pour qui la jouissance est une composante essentielle dans son rapport au monde et à elle-même.

Il serait possible pour plus de femmes d’avoir ce rapport là à elles-mêmes si on cessait de leur seriner que l’alpha et l’oméga de leur sexualité, de leur être, réside dans leur faculté à répondre au désir de leur partenaire, être à la hauteur de celui-ci et le contenter. Aucune libération authentique et durable n’est possible sans la capacité à vivre son intimité et ses désirs. C’est en tous cas mon point de vue sur cette question. Et à moins qu’on n’œuvre à l’émergence d’une véritable éducation à la sexualité, à l’intime, aux relations charnelles, des personnages comme Bahia tiendront encore longtemps malheureusement plus de la fiction que de la réalité !
INFORMEL:
Nous vivons une époque dans laquelle le sexe est omniprésent, les sujets sur la sexualité de la presse féminine : une injonction à devenir des amantes parfaites. Cette course à la jouissance, penses-tu que cela est inhibant ou que sa libère une certaine parole ?

AXELLE:
Les deux mon Capitaine ! Des titres comme le mythique « Pipe Pipe hourra ! » du magazine Elle, qui prônait la pipe comme « ciment du couple » ont permis de prendre la mesure de l’endoctrinement ambiant en matière de sexualité féminine. Comme le dit pertinemment Ovidie dans son reportage sur la sexualité des jeunes filles de la génération Y (celle à laquelle appartient ma propre fille, qui a la vingtaine), avant, on encourageait les femmes à être des parfaites fées du logis. Aujourd’hui on leur explique que la fellation est le ciment du couple ! Finalement, c’est un peu la même idée.

La volonté de libération sexuelle de nos mères et grand-mères a été récupérée par les marchands du temple et les journaux féminins, dans une une société matérialiste, patriarcale et anti-érotique. Dans laquelle il n’est pas question de militer pour la diversité des corps, des sexualités, et encore moins pour la véritable autonomie sensuelle, sexuelle des femmes.
Le propos de la presse féminine est de persuader les femmes, avec le concours des annonceurs que, pour réussir dans la vie, il faut satisfaire l’homme : par un bon repas, une paire de seins siliconés, ou une bonne partie de jambes en l’air ! Pas un mot n’est dit sur le fait que l’érotisme est une base de la connaissance de soi.
Notre quotidien souffre à mon avis, d’un manque crucial de sensualité vécu de soi à soi, et le drame actuel des femmes se cache dans ce manque d’intimité avec elles-mêmes et dans le fait de ne pas léguer un vécu plus éclairé, d’autres formes de transmission, de mères à filles, de femmes à femmes, pour instaurer enfin une parole plus juste et plus sereine dans ce domaine.

La parole devrait porter davantage sur la nécessité de trouver chacune, notre propre voie. Individuellement. Nous sommes encore bien trop nombreuses à chercher un modèle à suivre, mais il n’en n’existe pas qui puisse convenir à toutes les femmes. N’exister que par la beauté et ne survivre que par le désir des hommes, n’est pas de ceux-là, en tous cas. Croire que l’on peut tester la sexualité « libérée » sans s’être soi-même libérée en amont, est un leurre !
Et le plaisir pris par les femmes est sujet à une telle suspicion partout dans le monde, qu’il est de notre responsabilité de donner à nos filles une plus grande liberté pour vivre érotisme et plaisir comme une voie d’éveil, de libération et d’épanouissement personnel et collectif. Mais rien ne peut être accompli dans ce domaine sans changements profonds en nous-même, sans prise de conscience individuelle. Sans réfuter l’idée fausse que l’émancipation consiste à faire n’importe quoi avec n’importe qui, sous prétexte d’avoir l’air « affranchie » ou « choper » des mecs.

Le sexe se vit d’abord avec soi. En son sexe. Et j’insiste sur ce point, particulièrement dans le cas des femmes, parce que jusqu’à nouvel ordre, nous sommes les seules dotées d’un organe dédié uniquement au plaisir ! La jouissance sera véritablement à l’ordre du jour pour toutes lorsqu’on réhabilitera celle que les femmes peuvent expérimenter avec elles-mêmes, dans le secret de leurs alcôves, de leurs dix doigts et sans recours à des objets vibrants, qui les dispensent de se toucher. Quand elles jouiront d’abord pour elles-mêmes et prendront plaisir à partager cet état avec leurs partenaires.
Tant que la parole ne portera pas sur ça, la course à la jouissance et à la performance fera des ravages dans nos sociétés, rendant tout le monde malheureux. Hommes et femmes.

INFORMEL:
Que souhaites tu aux jeunes filles d’aujourd’hui ?

AXELLE:
Qu’elles osent leur « fille de joie ». Celle qui vit en chacune d’elles, et que la la jouissance et le désir contribuent à faire émerger. La jouissance féminine est une grande fête. Elle est puissante, belle, et à leur portée à condition qu’elles cultivent leur singularité, leur vie intérieure, alimentent leur imaginaire érotique, et fuit la conformité.
A chacune d’entre elles avec son aventure personnelle, affective, et émotionnelle de trouver son propre langage sensuel, celui qui lui convient, loin des diktats, des tendances et des pratiques soi-disant « hype ». Il ne tient qu’à elles de faire de leur sexualité, un espace de liberté et de créativité, unique et singulier. S’accorder enfin la liberté sexuelle pour laquelle tant se sont battues, et beaucoup se battent, encore.
Mieux elles connaîtront leur personnalité, leurs émotions, leur caractère, leurs désirs et s’ouvriront à leur capacité à ressentir le plaisir dans sa profondeur et sa multiplicité, plus elles seront actrices de changement.
Les femmes sont depuis trop longtemps dans l’histoire, celles qui se sentent coupables d’avoir du plaisir et d’aimer le sexe. C’est une force d’être sexuelle, pas un péché.
Qu’elles ne soient pas dupes de ce qui leur ait dit à ce propos. Il en va de leur liberté même. Quelles que soient leurs pratiques, qu’elles prennent le temps de savoir ce qu’elles aiment. Se concentrent sur ce qu’elles ressentent. Aient foi en leur capacité à avoir du plaisir et à jouir.
La quête du plaisir, et la rencontre avec leur désir sont tout aussi légitimes que l’aspiration à l’autonomie financière, professionnelle et sociale. Elles ont toutes un potentiel de jouisseuses à partir du moment où elles apprennent à connaître leur corps, où elles s’écoutent et veulent bien accueillir leur plaisir. Moins elles vivront une sexualité écrite à l’avance et prédéterminée, et affirmeront la possession de leur propre corps, plus elles seront vivantes et libres.
Je leur souhaite de réinventer leur identité, avec les partenaires de leur choix, d’édifier de nouveaux scénarios réalistes qui transforment le présent et bâtissent l’avenir, à travers le rapport à l’intime, au couple, à la parentalité.
Non seulement pour elles, mais aussi pour toutes celles qui ne le peuvent pas, qui les ont précédées et dont la sexualité a été moquée, écartée, niée, oppressée, déformée et réprimée. Il est crucial qu’à à titre personnel, mais aussi à titre collectif, elles s’emparent de l’intime. Le redéfinisse. Détruisent ce qui ne va pas, mais construisent ce qu’elle souhaite voir émerger.

INFORMEL:
Si tu avais quelque chose à dire aux hommes ?

AXELLE:
À ceux qui sont le fruit d’un conditionnement qui leur a appris qu’un homme est plus important qu’une femme, les nostalgiques du territoire, de l’empreinte, de la domination : il n’y aura pas de marche arrière possible. Nous ne reviendrons pas comme le prônent certains d’entre eux, à un ordre où les femmes savaient soi-disant tenir « leur place ».

Aux autres- et Dieu merci, ils sont plus nombreux ! le droit des femmes à une féminité forte, intelligente, charnelle, et indépendante va de pair avec une plus grande liberté, pour eux aussi. Simone de Beauvoir prédisait que « de l’émancipation des femmes naîtraient des relations charnelles et affectives dont nous n’avons même pas idée. ». Je partage cet avis. Nous devons forger ensemble un avenir sexuel meilleur pour les générations à venir. Il faut trouver une manière plus créative d’aimer, de collaborer, d’élever nos enfants. Plutôt que de toujours chercher les différences, trouvons les connivences et les possibilités de partage résultant de ces identités que nous réinventons de part et d’autre depuis 50 ans, sur le terrain des lois comme de la vie personnelle, et privée.
Il faut en finir avec la guerre « des sexes », avec les positions absolues. Se réjouir qu’il y ait mille façons d’être une femme ; qu’il y ait mille façons d’être un homme et pas une seule virilité, ni une seule féminité, mais des manières différentes et uniques d’investir ces identités.
Il y a autant de sexualités qu’il y a d’individus, de visages, de cerveau.
Attelons-nous ensemble à un monde où cette diversité pourrait être valorisée, où hommes et femmes seraient plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes parce qu’il leur serait possible d’exprimer leur singularité, non seulement pour nous, mais également pour nos enfants. Nous avons tous tant à gagner à ne plus considérer la sexualité comme un problème à résoudre, mais comme une source de plaisir et de créativité ! A la replacer dans son contexte qui n’est pas celui d’une performance mais d’un partage.
C’est primordial pour nous, mais également pour nos enfants, ceux que nous faisons ensemble et qui sont les premières victimes de la misère sexuelle gangrénant nos sociétés. Notre société toute entière à beaucoup à gagner à cette révolution au cœur de l’intime, par la parole, la transmission, dans la bienveillance et la joie. Et cette révolution ne peut se faire sans les hommes, sans leur concours, leur implication, et les nouvelles définitions du masculin dont ils sont porteurs.

Repenser le plaisir, le couple et l’intime, c’est imaginer une société dans laquelle chacun et chacune aura sa place, aura le droit d’être lui-même et de se sentir exister sans devoir répudier une quelconque partie de l’humanité, ou de sa propre humanité.

INFORMEL:
Informel qu’est que ce mot évoque pour toi ?

AXELLE:
Un propos singulier, personnel, libre.

Visuels Axelle jah Njiké réalisés par Doris Lê
pour Femmes en Capitale(s)- Si Paris était une Femme. Tous droits réservés.

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